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Ma vigne est bio, je peux en être sûre. Les sangliers en assurent eux-mêmes le labour depuis quelques semaines: je découvre à chacune de mes venues de nombreux trous dans les rangs de vigne. Ils fouillent, grattent la terre avec leur groin à la recherche de bulles, racines, et autres lombrics. A la parcelle du Four, qui produit l’Originel, ils sont servis. Festin à tous les étages. Il n’est qu’à voir les belles prises photographiées par Raquel Hadida pour mesurer l’ampleur des emplettes dans le sous-sol de mes vignes!

Il m’est arrivé de tomber nez à nez avec l’un de mes voleurs. Face à face lointain, à une cinquante de mètres, mais paralysant, avec un beau mâle. Que faire? Rester debout, se coucher, le regarder dans les yeux? Ne pas bouger, facile, je n’aurai pu faire autrement. Des amis m’ont confié: « son attitude dépend du sens du vent ». Me voilà rassurée, a posteriori. J’ai dû mon salut au chien d’une promeneuse qui, recouvrant une âme de chasseur à laquelle sa race ne le prédisposait pas, s’est mis à courser le sanglier en l’éloignant de moi.
Ma vigne est bio, je peux en être sûre. Lorsqu’au printemps 2014 le vignoble mirevalais a connu une invasion d’escargots, et que mes voisins s’échinaient à traiter dans tous les sens, tous les gastéropodes affluèrent à ma vigne, ravis que des haies me séparent des parcelles empestées. Ces escargots avaient-ils un cerveau développé? Le fait est qu’ils prirent leurs jambes à leur cou, si je puis dire, pour migrer dans ma parcelle. Mais comment les chasser à mon tour? Les répulsifs, les vieilles recettes bordelaises ne marchaient pas longtemps. Je finis en mode manuel en les faisant tomber des grappes en fleurs, un à un …
Ma vigne est bio, je peux en être sûre. Quand Benoit vient labourer avec son petit tracteur, une nuée d’aigrettes arrive, sortie d’on ne sait où, pour récupérer insectes et lombrics délogés de leur vie souterraine. J’imagine si un sanglier était venu passer par là au même moment. Je parlais de cerveau d’escargot, je pourrai aussi poser la question de cervelle d’aigrette. Comment expliquer qu’elles, dont la petite tête a du mal à loger beaucoup de matière grise, attendaient le retour de Benoît le lendemain près du tracteur?
Ma vigne est bio, je peux en être sûre. J’envisage de me recycler dans l’élevage de coccinelles, tant j’en possède maintenant sur mes deux parcelles. Elevage intensif et involontaire, que j’offre aux jardiniers du coin. Contactez-moi!
Curieuse nature dont l’observation ne me lasse pas…

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