A l’occasion de la Journée Internationale des droits de la femme,

Je me suis rendue à Ruffieux, en Chautagne pour évoquer la place des des femmes dans l’agriculture, notamment la viticulture. J’y ai découvert un vignoble, ses fameux cépages endémiques, des hommes et des femmes, un patrimoine vivant, pour lequel ils déploient tous leurs efforts de sauvegarde, de viabilité économique, au milieu de précieux écosystèmes.

Un patrimoine savoyard

Non loin d’Aix-les-Bains, au-dessus du lac du Bourget, le plus grand des Alpes françaises, entre petits monts (les « mollards » dont est tiré le nom d’un cépage) et massifs montagneux, la Chautagne se déploie sue quatre communes, en face du grand Colombier. Dans son économie de piémont, une agriculture longtemps de transformation laitière avait cédé le pas à la viticulture, avec ses cépages endémiques – altesse, jacquère, mondeuse, aujourd’hui célébrés, velteliner. Son gamay à elle, comme tout un chacun dans sa sphère rhodanienne, un aligoté confortent les traditions. Une coopérative en son cœur à Ruffieux (33 adhérents, 170 ha actuellement) et quelques vignerons indépendants portent ce patrimoine savoyard.

Une SCIC pour le sauvegarder

Mais la vigne recule, là comme partout en France. Comme elle s’accroche aux flancs de la pente, des hommes et de femmes ne renoncent pas à la faire vivre, à en vivre. Dans la lignée d’une démarche solidaire qui se répand dans le pays, une Société Coopérative d’Intérêt Collectif, adossée à la coopérative Le Vigneron savoyard, est née dans ce but en 2018. Elle compte 16 ha sauvegardés ou replantés déjà par 500 souscripteurs. Avec des parts de 500 €, défiscalisées en partie, chacun d’entre eux prend part aux vendanges, à l’élaboration du vin à travers des ateliers de dégustation et d’assemblages. Avec ses gratifications, il se mue en ambassadeur des vins et du territoire, d’une dynamique.
Au-delà de leur contribution financière, les adhérents participent à préserver la beauté d’un territoire, son économie, son équilibre naturel, donnant du sens à leur action. D’anciens vignerons partis dans l’exode rural qui renouent avec la terre, des habitants attachés au patrimoine savoyard, à un pan de leur histoire personnelle ou collective… Rassemblés, ils forment 10 % des superficies de la cave de Chautagne.

Favoriser l’instalaltion de nouveaux venus

Malgré le terrain pentu, 98% des superficies sont mécanisables et les îlots bien regroupés. Ceci se révèle un atout dans une structure viticole de montagne où les petits îlots parsemés (quelques dizaines d’ares) sont légion. Le vigneron installé par la SCIC peut arriver simplement avec un tracteur et un sécateur ! Il est pris en charge par la structure. Un chai partagé lui permet de vinifier, élever et mettre en bouteille en nom propre une partie de la récolte., l’autre adhérant à la coopérative. A tous les stades il bénéficie de l’aide et de la logistique de la structure pour avancer dans son projet, comme les deux domaines déjà présents. 13 ha ont été convertis en bio, préservant aussi des écosystèmes proches de la réserve de biosphère de l’UNESCO au Lac du Bourget.
En parallèle, une SAS a vu le jour pour pallier l’absence de transmission des terres, problème récurrent et crucial pour l’agriculture française dans la décennie.
17 ha (12 ha issus de la même propriété) sont déjà organisés pour faciliter l’installation par achat ou location de jeunes, ou de néo-vignerons sur des vignes relativement jeunes et mécanisables.
L’aventure est économique, humaine, patrimoniale et environnementale. Prise dans un ensemble, elle fait effectivement sens en pays de Chautagne, du velteliner et de l’altesse. Pour rêver encore, s’échapper vers des sommets, des vignerons se tiennent prêts à accueillir un sang neuf, dans des dynamiques naissantes qui ne demandent qu’à renforcer ce lien indéfectible avec la terre savoyarde.
Caveau de Chautagne
47 Imp. de la Cave, 73310 Ruffieux
Téléphone : 04 79 54 27 12
caveau@caveau-chautagne.com

Share and Enjoy !

Pin It on Pinterest