Photo: Kylix « rhodienne » à décor d’yeux, Pech Maho (Aude) 560-520 av. J.-C.

Le confinement printanier aura eu au moins une conséquence favorable, celle de prolonger une riche exposition jusqu’au 24 août au Musée archéologique Henri-Prades à Lattes. En près de 400 œuvres, L’aventure phocéenne, Grecs, Ibères et gaulois en Méditerranée occidentale retrace l’histoire d’une rencontre, celle de Grecs venus d’Asie mineure avec les populations littorales, qui marque d’une empreinte durable nos rivages du VIIe siècle avant notre ère jusqu’à la chute de Massalia (Marseille) en 49 ap. J.-C. L’exposition, œuvres à l’appui, fouille les interactions sociales, culturelles, commerciales entre nos ancêtres et ces explorateurs, partis à la conquête commerciale puis territoriale de nouveaux espaces économiques. Leur expansion s’étend de Nikaia (Nice) à Emporion (Empuries), entre Alpes et Pyrénées. Elle s’inscrit dans une colonisation grecque d’époque archaïque large, de la Mer noire à la péninsule ibérique.
Les premiers contacts, ténus, tiennent à leur intérêt pour la métallurgie du fer dans le golfe du Lion. Les échanges relèvent d’abord de rites d’hospitalité, minéraux précieux contre vin, pour entrer ensuite dans une logique commerciale : les régions proches de l’embouchure de fleuves (Aude, Hérault, Rhône) acheminent les productions de toute la Gaule et de l’Atlantique.

Phocée (en Turquie actuelle) se développe vers l’occident, commerce avec les Étrusques. Elle fonde pour faciliter ses échanges des colonies, Massalia (Marseille), Alalia (Aléria en Corse),Emporion (Empuries) et quelques comptoirs, en apportant dans ses bagages professionnels du négoce, monnaies, écriture et divinités. Un art de vivre à la grecque, semblable à l’ensemble du monde ionien, se diffuse parmi les populations autochtones. Les Phocéens transportent dans leurs cargaisons des amphores, diffusent un goût du vin et une culture de la vigne tout autour de Massalia, près des oppida gardois, du comptoir d’Agathé (Agde), de Pech Maho (Sigean).
Les amphores massaliètes, emplies du fameux vin de Marseille, apparaissent dès la fin du Vie siècle av. J.-C. Les auteurs anciens, Diodore de Sicile en tête, relatent rapidement l’attrait gaulois pour cette boisson. Les sites se multiplient sur les côtes, avec leurs débarcadères, leurs comptoirs et leurs entrepôts, leurs places de marché, à l’instar de Pech Maho. Son commerce transforme-t-il les sociétés autochtones, ou possédaient-elles déjà la pratique de la viticulture ? L’exposition ne peut encore y répondre. Une brèche s’est ouverte depuis les travaux de quelques archéologues, Matthieu Poux en tête, sur l’ancienneté de la pratique en Italie (- 1400 av. J.C.) ou en Gaule, chez les Allobroges par exemple. Nulle trace semblable sur nos rivages méditerranées. Mais la question s’y pose également.
Quelques résistances à cette conquête commerciale et culturelle font jour, par exemple dans la vaisselle autochtone, imperméable aux apports phocéens, ou dans la survenue de conflits guerriers. Mais l’influence grecque s’immisce partout, dans les céramiques, l’architecture, l’écriture (pas d’écriture avant le IIe siècle avant J.-C. dans le midi de la Gaule).

Batterie de cuisine

Le vin, partie intégrante de cet art de vivre importé d’Ionie, est présent dans tous les moments de la vie et des échanges commerciaux, avec comme symbole l’amphore de transport bien sûr, massaliète, puis ibérique ou gauloise, et le dolium plus tard, amphore de vinification et de conservation du vin, semi-enterrée sur nos littoraux, à l’instar des qvevris géorgiens.

L’exposition donne à voir sa consommation codifiée, dans le cadre du symposion (banquet), des rites funéraires où des vases et coupes à boire sont laissées près du défunt, tout comme dans le mobilier céramique ou la statuaire.

Fin de banquet, La Monédière (Bessan) 540-520 av. J.-C.

L’aventure peut-être commencée avec les Phocéens n’a cessé de prendre son essor et de prospérer sur nos littoraux. Deux millénaires plus tard, le vin y occupe encore une place de choix, économique et culturelle. L’aventure continue avec les vendanges d’un millésime 2020 bien particulier, nouvelle vicissitude d’une histoire mouvementée. Le flot de vin connaît ses flux et ses reflux sur les bords de Mare Nostrum, long fleuve intranquille et captivant.

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Grand break estival de réseaux sociaux, mais cela ne m'empêche pas de vous adresser un très grand merci pour vos retours de lecture, vos messages de vive voix, vos petits mots chaleureux pour mon second ouvrage. Je suis très touchée. Une fois publié, un livre ne nous appartient plus. Il vole de ses propres ailes, se soumet à d'autres interprétations, d'autres appréciations que celles envisagées à l'écriture. Vous ouvrez de nouveaux champs de réflexion, et cela m'est incroyablement précieux.
Bon, le troisième est en route. Promis, cette fois, je ferai court 🙂
Et suivons les conseils de l'Oasis citadine, qui réintroduit l'agriculture en milieu urbain à Montpellier ...
Promenade (studieuse) dans la plaine biterroise. Heureuse de voir le bio, la bios (la vie en grec) refleurir. Les premières cigales
ne diront pas le contraire ! Là où se concentraient autrefois de très gros volumes de production en vin de table, des pratiques pionnières en culture biologique ont construit le plus grand vignoble bio de France et la première région viticole bio européenne. 34% aujourd’hui des vignes d’Occitane sont bio (22 % en France)
#sudvinbio #vinetpatrimoine
RDV demain à Paris pour la signature de mon livre, et pour échanger, au cours d'une table ronde animée par Florence Hernandez, sur
C'est un D Day à ma modeste échelle. Le vin par tous les temps arrive à bon port dans les bacs aujourd'hui. Il sera demain à Sète, lieu prédestiné pour une rencontre des arts et des vins.
Il est des voyages dont on aime qu'ils viennent jusqu'à vous. Merci pour vos enthousiasmes et vos soutiens au long cours! #levinpartouslestemps #vinbiologique #vinetpatrimoine #changementclimatique #femmesduvin
Voir le vin en blanc ... et en bio dans les Cévennes.
Le salon Cévinbio proposait à Sauve (Gard) des références, de nouveaux venus, de la biodynamie (La Tour de Baumel bientôt, le Clos des Ors), des Vins Méthode Nature (impeccables au Clau du Sol). Tous amoureux de leurs parcelles, leurs cépages, classiques sur des roussanes, vermentinos, viogniers, grenaches, avec une touche de muscat à petits grains dans leurs assemblages, des chardonnays qui se plaisent là (Mas de Servon, La Tour de Baumel). Le Domaine Sainte Octime les rassemble en une cuvée Les Six (cépages) sur une parcelle complantée et vendangée le même jour.
Les vignerons s'essaient à tout : aux cépages résistants au mas des Cabres -un floréal exubérant, peu acide-, des cépages venus d'ailleurs (Portugal, Espagne, Grèce, Italie) chez Jérôme Pépin, pour contrer les effets de la sécheresse. Et puis de vieux cépages oubliés : l'ugni blanc au si joli aromatique de noisette grillée au Clos des Ors, fait des Etincelles au Mas Seren.
Les vins blancs des Cévennes apportent depuis de nombreuses années fraîcheur et sincérité de leur engagement dans leurs cuvées. 
#cévinbio #igpcevennes #vinbio #vinbiodynamie #vinmethodenature #voirlevinenblanc
La grande fête des vins bio s'annonce - car le vin est une fête, en responsabilité, avec modération -. Comme chaque année à Montpellier, la planète bio s'invite fin janvier à Millésime Bio, le plus grand salon mondial des vins et boissons alcoolisées. + 5% de vignes bio, + 6,3 % de chiffre d'affaire en 2022, 39 % de nouveaux acheteurs, des consommateurs qui achètent plus de vins bio (derniers chiffres connus, 2022), la filière bio résiste. Obstinément ancrée dans ses valeurs et avide de faire bouger encore les lignes, elle met en aujourd'hui avant la biodiversité, les démarches éco-responsables. Une première Fête du Bio, du 27 janvier au 3 février, se tournera vers le grand public, dans les bars à vin, cavistes et restaurants de la métropole. Un site récemment lancé par Sudvinbio, l'association organisatrice de ces manifestations, répondra à toutes les questions que l'on se pose sans oser le demander sur: levinbio.fr
En attendant, Challenge Bio, son concours, peaufine la récompense de belles cuvées,
Merci pour toutes ces rencontres et découvertes qui ont éclairé l'année. RDV en 2024 avec du bio, du bon, des vins pour braver le temps, et un livre qui patiente sagement (parution au printemps). Bon bout de l'an, et à l'an que ven!
Douces fêtes à vous, savoureuses, respectueuses de la terre, solidaires des autres. Que les fruits du travail vigneron vous accompagnent dignement!
Moi en 2023.Les yeux ouverts dans toutes les directions, et préparant conférences et futures master classes. Oeuvre de Stephan Chinikov
Ceci n'est pas du vin. C'est du no/low, une boisson à base de vin désalcoolisé. Dégusté (si l'on peut dire) au salon SITEVI lors d'une master class des Laboratoires Dubernet. Existe même en bio. #vindésalcoolisé #sitevi2023
L'Originel nouveau (27 mois d'élevage quand même) en dégustation à l'Office de Tourisme de #Montpellier Méditerranée Métropole, avec le travail de #margotmerandon sur une ancienne cuve à vin. Voilà ce qui s'appelle une culture partagée. Avec @archipeldethau @vivez_montpellier, pour la candidature de Montpellier capitale européenne de la culture
Prima Ora, vin issu de muscat à petits grains en surmaturation, m'accompagnait près de Moulins pour une conférence sur le vin antique à l'epoque gallo-romaine. Comme un retour aux origines, qui faisait sens et mobilisant tous les sens
#muscatpetitgrain #vinensurmaturation #vinantique #vinetpatrimoine
Partout en France, des conservatoires de cépages anciens, oubliés  entretiennent la memoire de ces vins d'un lieu qui nous sont chers. 
Ici, celui de  Chareil-Cintrat dans l'Allier, préserve le tressalier, le gamay fréaut et autres variétés cultivées dans le Bourbonnais, notamment dans le vignoble ressrgi de Saint-Pourçain
#cepagesanciens #conservatoiredecépages #tressalier #saintpourcain
En route vers de nouvelles aventures patrimoniales. Ciel d'automne bourbonnais
Le voile se lève sur des rancios, vins oxydatifs secs au salon Be ranci. Éclairage sur des vins hors du temps, hors du commun, hors des mots, pour confiner au merveilleux
Avec #domaine de la ramaye #christian binner #chateaudelou #mascoutelou #vinrancio #vinsoxydatifs
Inventivité cévenole pour maintenir la biodiversité. Treilles sauvages glanées, cépages interdits jusqu'à peu (baco, isabelle, villard blanc) mais aussi vignerons courageux, ils travaillent tous à la persistance de la vigne en Lozère, en mode biologique. C'était un plaisir de les retrouver à la Fête de la vigne et des vergers de Quézac (où on ne boit pas que de l'eau, je confirme)#vigneronsdelozere #biiodiveristé #cevennes #vindescevennes