Pour sa 13e édition, la Fête des vignes égrène sa formule gagnante au cœur de Montpellier puis, in situ, chez les vignerons.
Première manche sur l’Esplanade Charles de Gaulle, à l’ambiance festive, jeune et cosmopolite, fanfare, tombola et selfies des vignes à l’appui. Jérôme Vidal, président du Cru Saint-Georges d’Orques le rappelle, Montpellier Méditerranée Métropole, dans la promotion de ses domaines viticoles, remet le vin sur la Comédie, place forte d’antan pour son commerce.
Ces deux jours, truffés d’initiatives, offrent le temps de connaître, de déguster autrement, à l’instar de l’atelier olfactif de Sylvain Fauvé, au vif succès. Des initiations à la dégustation à  la présence d’une sommelière-conseil, jusqu’à la visite du Musée Fabre proche, les femmes du vin présentes en force cette année ont guidé les publics, éclairé leur vision du vin, pour créer une rencontre privilégiée avec les vignerons. Les promeneurs et amateurs découvrent de tout petits producteurs  comme de très grands, des cuvées méconnues, surprenantes, de nouveaux millésimes… sur des terroirs qui s’affirment patiemment, balayant un large territoire, de Murviel-lès-Montpellier à Vendargues, de Saint-Drézery à Villeneuve-lès-Maguelone.

        

Ce temps se prolonge, le dimanche dans les domaines de la Métropole. Les vignerons ne manquent pas d’idées pour accueillir leurs visiteurs toute la journée : ambiances musicales, contes, marchés de producteurs, expositions se succèdent, avec des propositions de repas variées, du food truck bio au grand banquet, en passant par l’auberge occitane (venes e portas). Les vignerons redoublent d’attentions  en présentant à la dégustation leurs grandes cuvées et flacons rares (grands rouges, moelleux et Carthagène des Chevaliers de Saint-Georges d’Orques, cuvées Mailhol et les Chailles au Domaine Henry par exemple) qui démontrent qualité et savoir-faire étendu.


La 13e Fête des vignes a choisi de mettre à l’honneur les vins biologiques. Il y a plus de trente ans, une poignée de précurseurs a lancé ce mouvement qui a pris une ampleur inégalée en Languedoc. Ils sont là, François Henry, ou Jean-Claude Daumond,  du Domaine Folle Avoine. « Tout le monde disait que j’étais fou. J’en ai bavé, connu des années difficiles, mais je n’ai jamais dérogé, jamais renoncé» raconte ce pionnier. Des jeunes ont grossi les rangs, à l’instar d’Edith et Joël Anthérieu, qui expliquent avec passion la prise de risque qu’est la viticulture bio, en particulier cette année. En vins biologiques depuis 2010, ils en récoltent aujourd’hui les fruits, par leur travail de la terre, leur conduite des vignes, la biodiversité revenue. Joël parle de s’améliorer encore, « continuer à ramener de la vie dans la terre », dans une remise en question et une quête permanente.


 

Les cieux étaient avec les vignerons pour cette journée qui a connu unê tres belle affluence. Les cieux, mais aussi une organisation impeccable, louée par le public, des moyens importants mais sans ostentation accordés à la manifestation, pour en faire un succès populaire en toute simplicité. Les montpelliérains ont adopté le principe de l’alternance entre ville et campagne et se déplacent en masse, famille ou entre amis, pour ce rendez-vous devenu rituel. Ainsi, ce couple, qui revient chaque année depuis cinq ans au domaine Le Claud à St Jean de Védas : « le domaine gagne à être connu. L’ambiance n’est pas la même ici que sur la Comédie, le côté conviviale familial, avec les enfants, est important, et les conditions de dégustation idéales ».  « Même si c’est compliqué sans voiture » commentent Rina et Izuni, deux étudiantes japonaises.
Grand bol d’air et de soleil, repas dans les jardins, dégustations et explications directes avec les vignerons renforcent le contact. Les vignerons aussi, aiment cette approche. S’il faut aller jusqu’aux confins de la métropole, à Vendargues, pour rencontrer Guillaume Daumond, au Domaine Folle Avoine, c’est qu’«ici, nous pouvons mieux échanger que sur la Comédie ».  Après le désastre du 17 août où ils ont perdu 40 % de leur récolte, l’entraide et des vinifications satisfaisantes ont redonné des couleurs à la propriété. « La fête des vignes est l’occasion de tourner la page ».
Avec ces portes ouvertes, c’est aussi l’intimité d’un domaine qui se dévoile, des vins dans leur berceau. Il suffit de franchir le seuil pour approcher des patrimoines devinés: le château des Boisgelin, ouvert à la promenade, d’immenses foudres en chêne russe de 1891, au Domaine Le Claud, ou une commanderie templière de 1350 aux caves en voute, au remarquable escalier à vis au Domaine Folle Avoine, l’ombre tutélaire de Laurent Quetton de Saint-Georges, mais aussi une plongée en  Terres oubliées  avec trois passionnés, à Murviel-lès-Montpellier, qui proposent un hypocras (vin épicé médiéval)
Valeurs sûres et en devenir affirment pendant trois jours la notoriété grandissante  du pourtour montpelliérain. Fin novembre, la Fête des vignes, parachève la fin des fermentations malolactiques pour les vins rouges, la préparation des premières mises en bouteille pour blancs et rosés en caves, confirmant la très belle qualité du millésime 2016. Elle signe également le départ des festivités de fin d’année, l’ouverture de nombreux domaines au public dans les prochains week-ends, de grandes fêtes des AOP, à l’instar de l’AOP Faugères les 3 et 4 décembre prochains. Dans la foulée, l’AOP Languedoc-Grés de Montpellier qui enserre la métropole,  prolongera le plaisir, à l’occasion de son premier salon les 10 et 11 décembre à l’Hôtel Saint-Côme à Montpellier. Le temps des célébrations s’ouvre.

Article paru le 29 novembre 2016 dans Montpellier-Infos, Thau-Infos, Agde-Infos

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